Le banquier et l'artiste

On aime plaisanter en disant que les banquiers parlent surtout d'art et les artistes surtout d'argent. Dans un article paru dans l'hebdomadaire allemand Die Zeit en octobre 2008, le chef de la rubrique Feuilleton estime que " Le vent a tourné : ce n’est pas l’art qui doit apprendre de l’économie, mais l’économie qui doit apprendre de l’art.” Créativité et curiosité: deux exemples de bons investissements pour les milieux bancaires.

Warum die Banker bei der Kunst Trost suchen werden (Jens Jessen)

Mag sein, dass die Bankenkrise dem einen oder anderen Kulturprojekt den Garaus machenwird. Mag sein, dass namentlich den sogenannten Events, die dazu dienten, das Markenemblem eines Sponsors zu illuminieren, der finanzielle Zustrom ausgeht. Werbegelder, die den Umweg über die Kultur suchten, könnten knapp werden.

Aber die Kultur selbst, die Künste und Wissenschaften im engeren Sinne werden von der Krise profitieren. Sie stehen auf einmal, von den Zudringlichkeiten der Ökonomie befreit, in ihrer ursprünglichen Hoheit da und müssen es nicht mehr leiden, dass die häppchenverschmierten Finger der Partygäste aus der Wirtschaft ihren nackten Leib beflecken. Auf lange Zeit werden es die Industrieund Finanzmagnaten, die ungebetenen Berater und Marketingexperten nicht mehr wagen, den Bühnen und Museen und Universitäten jeden höheren Ehrgeiz auszureden und ihnen peinlichste Beachtung des Marktes zu empfehlen. Die Rede vom Markt überhaupt hat ihre Autorität verloren, seitdem der Markt selbst dort, wo er zu Hause ist, nicht mehr den Dienst tut, den man ihm andichtete.

Gewiss wird es immer schmerzen, wenn ein Buch sich nicht verkauft; aber man wird nicht mehr die Ladenkasse zum Gradmesser der Qualität erklären. Denn glänzend verkäuflich waren auch die Zertifikate, an denen jetzt die Banken ersticken. Es wird im Gegenteil die Attraktivität der Künste und der Forschung gewaltig steigern, dass ihre Qualitäten durch keine Wirtschaftskrise zu ruinieren sind. Erkenntnis und Schönheit unterliegen nicht dem Gesetz von Angebot und Nachfrage: Eine Wahrheit bleibt wahr, auch wenn sie zur Handelsware nicht taugt oder sogar außer Verkehr gerät.

Das sind Binsenweisheiten; aber sie waren gründlich verschüttet. Bis vor wenigen Wochen galt, dass jedes Qualitäts- oder Geschmacksurteil, das sich nicht dem Markt unterwarf, als elitär denunziert wurde. Aber was meinte der Vorwurf? Als elitär wurde bezeichnet, was keinen massenhaften Absatz, also keinen Gewinn erwarten ließ. Auf merkwürdigen Wegen hatte der Marktradikalismus unserer Tage den Proletkult der frühen Sowjetunion wieder hervorgebracht: Was den Massen nicht schmeichelte, hatte als unsittlich zu gelten.

Dieser Affekt gegen die Hochkultur, der das ökonomistische Denken in die Nähe des Bolschewismus führte, kann heute freilich, wenn er noch erinnert wird, der Hochkultur nur nutzen. Der Hass zeigte an, was sich dem Markt nicht unterwerfen ließ und deshalb mit dem Markt nicht unterging. Mit neuem Interesse werden zukünftig die Banker in Mozarts Così fan tutte den Worten lauschen, mit denen Don Alfonso den Partnertausch an der Liebesbörse der Oper quittierte: »Finem lauda erst das Ende soll man loben!« Und tatsächlich wird am Ende die Krise des amourösen Kredites nur mit Mühe abgewendet, nämlich durch ein Eingeständnis der Fehlbarkeit, das die Finanzwelt unserer Tage der Gesellschaft noch schuldet. So hat sich das Blatt gewendet: Nicht die Kunst muss von der Wirtschaft, sondern die Wirtschaft von der Kunst lernen.

Source: Die Zeit, Donnerstag 23.10.2008, Nr. 44, Seite 51, Artrikelnr: A42918155.

Memento mori


L'année 2008 a été endeuillée par la mort de maints artistes. Le site RSR.CH a fait le point sur ces grands noms de la culture qui s'en sont allés. Symbole de l'élégance française, le couturier français Yves Saint Laurent s'est éteint à 71 ans. On lui doit un prêt-à-porter féminin de luxe puisé dans le vestiaire masculin. Légende du cinéma, lauréat de trois Oscars, l'acteur et cinéaste américain Paul Newman est mort à 83 ans. La famille du cinéma a aussi pleuré Charlton Heston (84), Heath Ledger (28), Horst Tappert (85), Richard Widmark (93), Guillaume Depardieu (37), l'actrice Cyd Charisse (87) ainsi que les réalisateurs Anthony Minghella (54), Sydney Pollack (73), Youssef Chahine (82), Dino Risi (91), Jules Dassin (96) et Jean Delannoy (100) et Mel Ferrer (90).

Décédé à 89 ans, Alexandre Soljenitsyne a révélé le système concentrationnaire soviétique dans "L'Archipel du Goulag". Lauréat du Nobel de littérature 1970, il fut expulsé d'URSS en 1974 et a vécu un temps en Suisse, puis aux Etats-Unis. Il était rentré en Russie en 1994 après la chute de l'URSS. Autre homme de lettres, Alain-Robbe Grillet s'en est allé à 85 ans. D'autres écrivains de renom ont déposé leur plume tels Michael Crichton (66), Arthur C.Clarke (90), Aimé Césaire, Béatrix Beck (94) et l'extraordinaire David Foster Wallace (46). Crooner jazzy et humoriste, Henri Salvador s'est endormi à 90 ans. Le 10 aout la légende de la soul music américaine Isaac Hayes succombe à une crise cardiaque à l'âge de 65 ans. Artiste majeur du 20e siècle, Robert Rauschenberg est mort à 82 ans. Peintre, sculpteur et compositeur, il est un des précurseur du pop-art, courant artistique présentant l'art comme un simple produit à consommer : éphémère, jetable, bon marché...

Illustration: Hans Memling (c.1485) , Tryptique de la Vanité terrestre et du Salut Divin, Huile sur panneau, Musée des Beaux-Arts de Strasbourg

L'Europe investit... LINZ


Le 31 décembre 2008 sur les 12 coups de minuit la ville autrichienne de LINZ devient capitale européenne de la culture pour 2009. La direction artistique du projet a été confiée à Martin Heller, qui occupait cette même fonction lors de l'exposition nationale suisse EXPO.02. Sa tâche a été particulièrement délicate: LINZ est la ville ou a grandi Adolf Hitler, qui rêvait d'en faire la... capitale culturelle de son Empire.

Conçu pour rapprocher les citoyens de l'Union Européenne, le concept de Ville Européenne de la Culture a été lancé le 13 juin 1985. Dès 1999 il est renommé "Capitale Européenne de la Culture". Depuis 2005 deux villes de l'Union partagent ce statut simultanément chaque année (2009: Linz et Vilnius). Lorsqu'une ville est nommée capitale européenne de la culture durant une année, des manifestations artistiques, des performances de toute culture s'y déroulent. Les financements sont principalement assurés par la Commission européenne, qui a rapidement réalisé qu'il s'agissait d'autant d'investissements avec une rentabilité assurée à long terme: la cohésion.

Photo: Musée des beaux arts de Linz (Lentos) qui accueille chaque été depuis 1979 une partie du festival Ars Electronica de Linz.

The Gold Rush


Trois pas de danse dans un refuge.
Une valeur sûre.
Aucune dévaluation annoncée sur ce titre.

Extrait: Charlie Chaplin, The Gold Rush, 1925. Tous droits réservés.

La culture: valeur refuge


En période de crise, l'OR est considéré comme la principale valeur refuge. Les économistes désignent par ces termes un investissement permettant d'être à l'abri des fluctuations en cas de forte dépression des marchés. Certains analystes attribuent même à un tel instrument la vertu de s'apprécier en permanence.
Il est un fait que la culture, quelle que soit sa définition, constitue un investissement sans risque qui ne peut que s'apprécier. Nos sociétés prennent conscience que l'argent placé dans la culture génère des richesses durables qui sont déconnectées des aléas des milieux financiers. Immatérielles, ces richesses peuvent à tout moment être converties en valeur monétaire sur le marché des services.
La crise actuelle révèle la fragilité des plus-values boursières. Si à court terme bien des placements peuvent sembler plus rentables, sur le long terme peu d'entre eux souffrent la comparaison avec les retours sur investissement qu'offre la culture.
Un moraliste oriental prétendait que "La culture est ce qui reste lorsque l’on a tout oublié."

Aujourd'hui il aurait dit: La culture est ce qui reste lorsque l’on a tout perdu.

La culture en temps de crise



Quelle place pour la culture en temps de crise? Comment assurer le développement du secteur culturel alors que les marchés s'effondrent? En matière de culture convient-il d'utiliser les recettes propres aux milieux économiques? Quel est le meilleur régime à appliquer à ce que le droit international désigne par l'"exception culturelle"?
Autant de questions qui attendent vos réflexions par mail (culture@valeur-refuge.ch).

Illustration: Denis Savary, Le Mensonge, 2007, sérigraphie d’après Félix Vallotton, éd. Musée Jenisch Vevey

Décembre 2008 >>> Voeux 2009


La culture,
Un investissement qui vaut de l'OR.
En 2009 FAITES FORTUNE!